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Sur une île à l'est de Bali, trente et une villas regardent une longue plage de l'océan Indien. Mais ce sont les chevaux, les villages et les chemins de traverse qui donnent à NIHI sa vraie mesure.
Quand partir
D'avril à octobre de préférence ; novembre reste une période de transition.
Durée idéale
5 à 7 nuits, à combiner avec Bali.
Budget conseillé
Sur devis, en pension complète.
Pour qui ?
Les couples et les familles qui aiment autant une belle villa que les chemins de traverse.
Sumba est une île de l'est indonésien, à un peu plus d'une heure de vol de Bali selon les liaisons. Sur sa côte sud-ouest, NIHI regarde la plage de Nihiwatu, longue de deux kilomètres et demi. Des collines, des rizières, des villages aux toits élancés et, face à eux, l'océan Indien : le décor ne s'arrête pas aux limites de l'hôtel.
L'histoire commence avec une vague. En 1988, Claude et Petra Graves arrivent à Sumba et découvrent cette côte où le surf promet de longues journées loin des foules. Leur refuge prend le nom de Nihiwatu. En 2012, l'entrepreneur Chris Burch et l'hôtelier James McBride reprennent l'adresse et lui donnent une autre dimension, sans abandonner ce qui avait attiré les premiers visiteurs : la plage, les grands espaces et une relation très directe avec l'île. NIHI a depuis reçu trois Clés Michelin, mais l'intérêt du lieu se comprend bien mieux en regardant ce qui s'y passe qu'en alignant ses distinctions.
L'arrivée laisse le temps de changer de rythme. Depuis Tambolaka, l'aéroport de l'ouest de Sumba, il faut environ une heure et demie de route pour rejoindre le domaine. Les paysages traversés font déjà partie du voyage : des cultures, des reliefs, des maisons villageoises, puis l'océan qui apparaît à l'approche de la côte. NIHI propose ce trajet en véhicule safari partagé, inclus dans le séjour. L'éloignement est réel, mais il ne demande pas une expédition : il demande surtout de ne pas vouloir tout faire trop vite.
Les trente et une villas prolongent ce sentiment d'espace. Leurs toits de chaume empruntent aux silhouettes de l'architecture sumbanaise, tandis que les piscines privées, les terrasses et les pièces ouvertes sur le paysage permettent de vivre une bonne partie de la journée dehors. Le choix mérite de l'attention : une villa pour deux n'offre pas le même rapport à la plage ni la même intimité qu'une maison familiale installée plus haut sur le domaine. La Mamole Treehouse, avec ses trois chambres et ses volumes arrondis au milieu des arbres, raconte encore une autre manière d'habiter le lieu. Ici, choisir une villa fait déjà partie de la construction du voyage.
« À NIHI, la villa compte. Mais ce sont souvent les heures passées dehors qui donnent au séjour sa profondeur. »

Il y a d'abord les chevaux. Ils appartiennent depuis longtemps à la vie de Sumba, bien avant de devenir l'image la plus connue de NIHI. L'hôtel propose des balades sur la plage, des parcours à travers les paysages de l'île et cette expérience singulière : entrer dans l'océan à dos de cheval, accompagné par un homme des écuries. L'eau remplace peu à peu le sable sous les sabots, à quelques mètres du rivage. Ce moment n'est ni une promenade improvisée ni une activité ouverte sans conditions : la séance dure environ trente minutes et reste encadrée, avec notamment une limite de poids de 85 kilos pour préserver les chevaux. Il se réserve en supplément, selon les conditions et les disponibilités.

Le Spa Safari demande, lui aussi, de quitter sa terrasse. À Nihioka, un site à l'écart du domaine principal, les pavillons de soins ouverts sur l'océan sont entourés de végétation et de plages. On peut y parvenir par une marche d'environ deux heures à travers les paysages côtiers, ou choisir le véhicule safari ; un trajet à cheval est également proposé avec supplément. L'expérience se poursuit autour d'un petit déjeuner ou d'un déjeuner, puis de deux heures et demie de soins pour la formule demi-journée, cinq heures pour la journée complète. Massages, piscine et temps libre composent un programme dont le luxe tient autant au lieu qu'au temps qu'on lui accorde. Le Spa Safari se réserve séparément : il ne faut pas le confondre avec les inclusions habituelles de la villa.
La vague des débuts est toujours là. Occy's Left attire les surfeurs devant Nihiwatu, avec un nombre de pratiquants volontairement limité à quinze inscrits par jour. Le créneau doit être réservé, et il est payant. Pour les débutants, mieux vaut parler avec l'équipe des cours et des sites adaptés plutôt que supposer que cette vague leur conviendra. C'est aussi une bonne manière de comprendre NIHI : la présence d'une plage ne promet pas une mer calme à toute heure. Le paddle et le snorkeling autour de Nihiwatu restent soumis aux vagues et à la météo ; certains jours, la piscine ou une excursion terrestre seront le meilleur choix.
D'autres journées se dessinent loin de l'eau. Les visites de villages et de marchés permettent d'approcher les maisons traditionnelles, les sépultures mégalithiques et les textiles ikat, dont les motifs racontent une part de l'identité sumbanaise. Ces découvertes gagnent à se faire avec un guide, en prenant le temps de comprendre les usages et de demander avant de photographier. Une randonnée vers une cascade, une sortie à vélo ou un parcours dans les rizières peuvent compléter le séjour. L'enjeu n'est pas d'accumuler les activités, mais de laisser à l'île une place aussi importante qu'à l'hôtel.
Cette relation se retrouve dans le travail de la Sumba Foundation, née dans le prolongement de l'histoire de Nihiwatu. Ses programmes concernent l'accès à l'eau potable, la santé, la nutrition, l'éducation et les possibilités économiques locales. Une visite de ses projets figure parmi les inclusions annoncées par NIHI. Elle apporte un autre regard sur le territoire, à condition de l'aborder avec la même retenue qu'une rencontre dans un village. Le resort indique par ailleurs que 93 % de son personnel est local. Ce sont des repères concrets pour comprendre l'ancrage de l'adresse, sans transformer un séjour en promesse de résoudre les difficultés de l'île.
À table, NIHI garde plusieurs registres. Ombak, ouvert sur la mer avec son sol de sable, accueille petits déjeuners et dîners autour de cuisines indonésienne et internationale. Au Nio Beach Club, le déjeuner accompagne les heures de piscine, entre poissons grillés, salades et pizzas au feu de bois. Le Boathouse devient un point de rendez-vous en fin de journée. Pour une soirée différente, Kaboku propose un dîner japonais omakase en sept services, dans un cadre limité à six convives ; il se réserve et se règle en supplément. La pension complète ne signifie donc pas que toutes les expériences de table sont comprises.
L'adresse peut aussi se penser en famille. Plusieurs villas offrent deux ou trois chambres, et le Wildlings Kids Club accueille les enfants de quatre à douze ans avec un programme en journée. Les activités équestres, les cours de surf et le babysitting ont toutefois leurs propres conditions et, selon la prestation, un coût supplémentaire. Il faut choisir la villa, les envies et le rythme des journées ensemble, plutôt que considérer le club comme la seule réponse à un voyage avec des enfants. Pour un couple, le même domaine peut se vivre tout autrement, entre une villa plus intime, une longue matinée à Nihioka et quelques sorties choisies.
Pour profiter de Sumba, nous privilégions avril à octobre, dans la partie la plus sèche de l'année. NIHI situe plus largement sa saison sèche d'avril à novembre et sa saison verte de décembre à mars ; les transitions varient d'une année à l'autre. Cinq à sept nuits nous semblent une belle durée pour alterner découvertes et journées sans programme, avant ou après quelques étapes à Bali. Une nuit de marge à Bali à l'aller est souvent judicieuse pour organiser la correspondance vers Tambolaka sans précipitation. Les horaires des vols domestiques doivent être vérifiés pour les dates du voyage.
Il faut enfin lire le budget pour ce qu'il comprend. Les tarifs de NIHI sont dynamiques et communiqués sur devis : la villa, la saison et la composition du voyage changent sensiblement le montant. Les trois repas quotidiens, les boissons non alcoolisées, les transferts aéroport partagés à Sumba, la blanchisserie et certaines activités collectives sont annoncés comme inclus. Le Spa Safari, les expériences avec les chevaux, les créneaux de surf et les sorties privées se prévoient à part. Les tarifs hors taxes de l'hôtel et des activités sont majorés de 21 % de taxes et service ; le devis doit préciser le total final. Mieux vaut construire un séjour cohérent avec ses envies que se laisser guider par un prix de nuit qui n'en raconterait qu'une partie.
C'est ce qui rend NIHI intéressant au-delà de ses images les plus célèbres. On peut y chercher le confort d'une villa avec piscine, mais aussi une journée qui commence dans les rizières, se poursuit face à l'océan et se termine autour d'une table les pieds dans le sable. Sumba ne se résume ni à une plage ni à un hôtel. Prévoir assez de temps pour découvrir ce qui existe autour est sans doute la meilleure façon d'y séjourner.
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